Environnement

Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 11:46

Comment le faux scandale du Climategate s'est dégonflé


Une commission d'enquête réhabilite les chercheurs de l'université d'East Anglia, accusés d'avoir manipulé des données.


(De Londres) Aprè-s six mois d'enquête, une commission indépendante blanchit les scientifiques britanniques accusés à tort d'avoir manipulé les données sur le réchauffement de la planète.

Trop tard. Le pseudo scandale a contribué à faire capoter le sommet de Copenhague et a réussi à semer le doute sur le rôle de l'homme dans les changements climatiques.

Depuis huit mois, les chercheurs de l'Université d'East Anglia vivaient comme des parias. Ils peuvent désormais relever la tête. La commission d'enquête indépendante sur « l'affaire des emails » les dédouane de toute pratique frauduleuse.

« Leur rigueur et leur honnêteté ne peuvent être mis en doute » affirment les auteurs de ce rapport très attendu, publié ce mercredi. Le document est censé mettre un point final à l'un des épisodes les plus désolants de la lutte contre le changement climatique.

Le « Climategate » a plombé le sommet de Copenhague fin 2009

Le prétendu scandale, baptisé « Climategate », débute en novembre 2009, lorsque plusieurs centaines d'emails privés de membres de l'Unité de recherche climatique (CRU) de l'université d'East Anglia se retrouvent mystérieusement en ligne. Ce prestigieux laboratoire, basé à Norwich, à 170 kilomètres au nord-est de Londres, est réputé pour ses mesures de la température mondiale.

Le CRU a donc un rôle éminemment stratégique. Ses données servent de base aux rapports du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), l'instance suprême chargée de prédire l'avenir de la planète.

Dans un des emails, daté du 16 novembre 1999, le chef du CRU se vante d'avoir trouvé une « ruse » pour « dissimuler la baisse » d'une courbe de températures.

Avec ces trois mots, extraits d'une correspondance frauduleusement piratée, les climatosceptiques pensent avoir trouvé la preuve irréfutable d'un complot mondial contre le mode de vie à l'occidentale.

Sarah Palin et la théorie du complot des climatosceptiques

Sarah Palin s'auto-proclame égérie de la coalition hétéroclite des « négationnistes », qui nient le rôle de l'homme dans le réchauffement de la planète. Le 9 décembre 2009, au moment où s'ouvre le sommet de Copenhague, l'éphémère candidate à la vice-présidence américaine écrit dans le Washington Post :

 »« Le Climategate met au jour un cercle scientifique hautement politisé (…) Ce scandale remet en cause les propositions qui sont sur la table à Copenhague. J'ai toujours pensé qu'un programme de gouvernement devait se baser sur une science solide, pas sur des jugements politiques (…)

Nous ne pouvons pas dire avec certitude que les activités humaines sont la cause des changements climatiques.

Ce que nous pouvons affirmer, en revanche, c'est que les éventuels bénéfices des politiques proposées de réduction des émissions sont largement inférieurs à leur coût économique. Et ces coûts sont réels. »

A Copenhague, le « Climategate » va peser lourd. L'Arabie Saoudite qui, en tant que producteur de pétrole, a beaucoup à perdre d'une régulation des émissions de CO2, prend prétexte de l'affaire pour contester les conclusions prétendument alarmistes du Giec.

Dans les couloirs du sommet (où j'étais envoyé par RFI), je me souviens avoir été témoin de l'abattement total du glaciologue Jean Jouzel, vice-président du Giec. Il voyait disparaître en fumée, sous l'effet d'une redoutable campagne médiatique, plusieurs décennies d'un travail de fourmi pour sensibiliser aux conséquences potentiellement dramatiques de la fonte des glaciers.

En portant atteinte à la crédibilité de la communauté scientifique, le « Climategate » a contribué à l'échec de Copenhague. Il a donné une tribune aux « négationnistes », désormais invités sur tous les plateaux de télévision.

Après Copenhague, les scientifiques britanniques réhabilités

Après des mois de battage médiatique, la commission d'enquête sur les emails de l'université d'East Anglia vient remettre les points sur les « i », en réfutant une à une toutes les accusations des climatosceptiques.

Manipulation de données : faux

Les climatosceptiques soupçonnaient les chercheurs d'East Anglia de trafiquer les chiffres pour faire croire à un hypothétique réchauffement climatique. Accusation balayée :

« Sur les allégations contre l'attitude des scientifiques du CRU, nous sommes arrivés à la conclusion que leur rigueur et leur honnêteté ne peuvent être mis en cause. »

Rétention d'information : faux

Les climatosceptiques se plaignaient de ne pas avoir accès aux données. La réponse de la commission d'enquête est sans ambiguïté :

« L'argument selon lequel le CRU aurait quelque chose à cacher ne tient pas. Toute recherche indépendante a la possibilité de télécharger les données et de rédiger ses propres conclusions sans avoir recours aux informations du CRU. »

Ostracisme : faux

Le rapport rejette l'idée selon laquelle les chercheurs du CRU auraient abusé de leur situation pour empêcher la publication d'articles signés par des climatosceptiques.

Les enquêteurs n'ont trouvé « ni subversion du processus (scientifique) de révision par des collègues, ni tentative d'influencer la politique éditoriale des revues scientifiques ».

« C'en est fini des théories du complot et des contre-vérités »

Face à la pression médiatique, Phil Jones, le directeur du CRU, avait admis en février avoir pensé au suicide. Suspendu le temps de l'enquête, il a immédiatement retrouvé son poste après la publication du rapport. Pour le vice-recteur Edward Acton, cité par la BBC, il faut maintenant laver l'honneur des chercheurs :

« C'en est fini des théories du complot, des contre-vérités et des incompréhensions. Nous espérons qu'il sera fait largement écho de cette réhabilitation des scientifiques de l'université, qui ont considérablement souffert de cet épisode. »

Les climatologues d'East Anglia ne sortent pas complétement blanchis de cette longue enquête. Le rapport met en cause leur attitude « peu coopérative » et « défensive ». Il leur reproche également un manque d'ouverture dans leurs travaux.

Mais dans l'ensemble, les conclusions de la commission confirment les deux précédents avis rendus sur cette affaire : celui d'une commission parlementaire, en mars et celui d'un comité interne à l'université, en avril, qui avaient tous deux disculpé les chercheurs.

Revers en série pour les climato-sceptiques

Les climato-sceptiques n'ont plus le vent en poupe. Ils ont également été renvoyés dans leurs cordes le 6 juillet par autre enquête, commandée par le gouvernement néerlandais. Elle valide les conclusions du Giec sur les conséquences du réchauffement climatique.

Indépendamment du « Climategate », le groupe d'experts a lui aussi été la cible d'attaques, pour des erreurs dans son rapport de 2007, notamment sur la disparition des glaciers himalayens d'ici 2035. « Les conclusions (du Giec) sont fondées et ne contiennent pas d'erreur significative » estiment les enquêteurs néerlandais.

En juin 2010, une étude menée par l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis témoignait de l'isolement des « négationnistes ». Elle révélait que 98% des climatologues soutiennent, comme le Giec, le principe d'une accélération du changement climatique liée à l'activité humaine, qui menace l'avenir de la planète.

La clique des sceptiques ne regroupe donc qu'une poignée d'irréductibles. En dépit du consensus scientifique, ils ont cependant réussi, du faux scandale des emails aux attaques sur la crédibilité du Giec, à semer le doute dans les esprits.

Si les négociations sur le climat piétinent, sept mois après Copenhague, c'est parce que l'élan politique en faveur d'un accord contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre est largement retombé, notamment sous l'effet des thèses « négationnistes ».

Par Arnaud - Publié dans : Environnement
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /2010 15:17

Les fêtes des mères et des pères approchent à grands pas. Aussi, je ne résiste pas à la tentation de vous suggérer quelques idées orginales et durables pour surprendre vos géniteurs. 

 

a) Bon vent les parents : adopter une éolienne!

 

Il s'agit d'un acte symbolique afin de montrer son soutien aux énergies renouvelables.

Je vous invite à visiter le site www.ewea.org/freshair afin d'adopter une éolienne. Vous pouvez également voter pour votre éolienne préférée. Au mois de décembre, l'éolienne adoptée avec les plus de "fans" fera gagner à son adopteur un voyage pour 2 à Copenhague.

 

b) Oxfam s'emblalle

Surprenez un proche avec un cadeau symbolique plein de valeur(s), alors que votre don va aux projets d'Oxfam-Solidarité et ses partenaires!Plus d'information en cliquant ici

 

Si vous n'êtes pas séduit, il vous reste toujours l'indémodable poème !

 


Par Arnaud - Publié dans : Environnement
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /2010 14:36
Par Arnaud - Publié dans : Environnement
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 15:01

« Nous sommes à une période charnière dans le débat sur les services publics, et notamment sur les services publics de l’eau. Les entreprises militent pour l’abandon de ce qu’elles qualifient de « principes archaïques » face à une société civile qui, elle, s’inquiète du « pouvoir de contrôle qu’elle peut conserver » sur des sociétés privées chargées d’un service public". 1

 

Le forum " Peut-on confier la gestion du secteur de l'eau aux entreprises privées?" s’est tenu le 5 mars 2010.

 

L'objectif de ce forum était de faire le point sur les partenariats publics-privés dans le domaine de l’eau. Les travaux se sont déroulés sans manichéisme mais avec la volonté de mieux comprendre quelles sont les contraintes économiques et légales qui amènent les pouvoirs publics à déléguer ses services d’eau au secteur privé. Les avantages et les dangers d’une telle délégation ont eux aussi été investigués.

 

Des débats il ressort que la collaboration avec le secteur privé est inévitable mais que de multiples formes de partenariat existent, impliquant des mécanismes de contrôle et d’accompagnement différents.

 

Ainsi, le secteur de l’eau en Belgique, quasi exclusivement public, fait régulièrement appel à la sous-traitance privée pour la réalisation travaux. Il s’agit dans ce cas d’une collaboration ponctuelle et technique où la question de la délégation des missions de services publics ne se pose pas.

 

Quand l’on parle de Partenariat Public Privé (PPP) par contre, la logique est différente. Le terme PPP se réfère en général à des formes de coopération entre les autorités publiques et le monde des entreprises qui visent à assurer le financement, la construction, la rénovation, la gestion ou l’entretien d’une infrastructure ou la fourniture d'un service.  Dans ce cadre, une collaboration de long terme se met en place entre les pouvoirs publics et une entreprise privée en vue d’une répartition des risques, une délégation des missions,  un report des charges financières, etc…

 

Lors du forum, il a été mis en lumière que des conditions fortes doivent être rencontrées afin qu’une telle collaboration s’avère vertueuse. Ainsi, une transparence maximale des procédures d’octroi et de suivi du marché, une forte capacité de contrôle technique et juridique de la part des autorités publiques, une concurrence suffisante sur le marché concerné sont autant d’éléments devant être réunis afin de garantir le succès d’un PPP.

 

Il va de soi que ces conditions cumulatives sont difficiles à rencontrer, ce qui rend souvent improbable voir risqué le recours à un tel montage. 

 

La question qu’il convient alors de se poser est de savoir si ce risque peut être pris dans un domaine aussi sensible que l’eau.

 

Mon intuition est devenue conviction après nos discussions à ce propos. Le secteur environnemental, et à fortiori le secteur de l’eau, sont trop sensibles pour prendre un  tel risque. La collaboration avec le secteur privé doit alors se limiter à la sous-traitance ou à la consultance afin que l’apport technique et technologique du privé soit exploité sans déposséder les pouvoirs publics de l’exercice de leurs missions d'intérêt général.

 

  1Extrait de « l’eau des multinationales, les vérités inavouables », R. Lenglet, J-L Touly, ed. Fayard, 2006, p22

Par Arnaud - Publié dans : Environnement
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 17:35
Par Arnaud - Publié dans : Environnement
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